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Itchkeri Kenti (Les Fils de l’Itchkérie) est un documentaire de 2h26 réalisé par Florent Marcie, tourné pendant la première guerre de Tchétchénie en 1996. Ce film témoigne de la résistance du peuple tchétchène et des réminiscences des déportations de 1943 au Kazakhstan.
Origines et signification du titre
“Itchkérie” est le nom de la Tchétchénie avant la colonisation du Caucase par les Tsars, à la fin du XVIIIe siècle. C’est aussi, de nos jours, l’appellation de la Tchétchénie par les indépendantistes. “Kent”, en langue tchétchène, désigne le jeune homme valeureux, prêt de tout temps à se sacrifier pour la liberté de son pays. “Itchkéri kenti” signifie ainsi : les fils de l’Itchkérie.
Fiche technique :
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Réalisateur : Florent Marcie
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Genre : documentaire
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Pays : France-Tchétchénie
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Année : 2006
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Durée : 2h26
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Format : VOSTF
Un conflit oublié, un peuple méconnu
Il est des conflits dont on parle peu malgré leur durée, comme celui qui déchire la Tchétchénie depuis plus de dix ans, et qui s’est trouvé enterré sous le silence embarrassé de la raison d’Etat. Il est des peuples qu’on connaît mal, comme les Tchétchènes, une petite nation caucasienne écrasée depuis deux siècles par l’Empire russe et ses avatars, et qu’on finit par assimiler à la vision qu’en a Moscou, celle de “terroristes” qui s’attaquent à des innocents.
Avec son Itchkeri Kenti, Florent Marcie répare cette erreur. Il montre un monde qu’il a découvert lors d’un premier et unique voyage en janvier-février 1996, en plein cours de la première guerre de Tchétchénie, déclenchée par Boris Eltsine en décembre 1994.
C’est après la tragédie de Beslan en septembre 2004 — un commando tchétchène prend en otage une école en Ossétie du Nord, les forces spéciales russes donnent l’assaut, provoquant la mort de plus de 300 personnes dont de nombreux enfants — que Florent Marcie décide de monter et de diffuser les images qu’il a précieusement gardées.
“Beslan a été le déclencheur”, dit-il. “J’avais déjà constaté lors de mes voyages qu’il y avait un problème de conservation des images d’archives, que ce soit en Tchétchénie ou en Afghanistan. J’avais discuté avec les Tchétchènes des possibilités qu’ils avaient de préserver une trace de ce qui leur était arrivé alors que l’adversaire avait tous les moyens de réécrire leur histoire.”
Le tournage en zone de guerre
Parmi les images tournées se trouvaient celles de Bassaïev, alors jeune commandant de la résistance, avant qu’il ne devienne le radical islamiste responsable du drame de Beslan. Le jeune réalisateur fait oeuvre de pédagogue, de gardien de la mémoire : “Il fallait revenir en arrière, avant les débats sur le terrorisme déclenchés par les attentats du 11 Septembre, pour montrer ce que j’avais vu d’un peuple dans sa résistance.”
Le résultat est un formidable film documentaire que l’auteur a pratiquement fait tout seul, texte, montage et sous-titrage compris. Un film pendant lequel on ne s’ennuie jamais malgré sa longueur tant on se sent transporté dans un morceau d’histoire.
Muni d’une toile blanche qu’il fait peindre à ses interlocuteurs, le réalisateur traverse une série de villages où il rencontre des enseignants, de simples villageois, des combattants, des déserteurs russes et même une mère de soldat venue extirper son fils de cet enfer. La toile s’enrichit, devient tableau. Elle finira enfouie dans la terre, avec les cassettes et la caméra, dont Florent Marcie doit se défaire quand les chars russes pénètrent dans la petite ville de Novogrozny.
Récupérées, elles restituent et nous font partager aujourd’hui un fragment fondamental de l’histoire tchétchène.
Les déportations de 1943
A ce passé récent s’ajoutent les réminiscences d’un traumatisme plus ancien : celui des déportations des Tchétchènes et des Ingouches au Kazakhstan en 1943. Ordonnées par Staline, ces déportations massives ont arraché des centaines de milliers de personnes à leurs foyers dans le Caucase, les condamnant à l’exil dans les steppes d’Asie centrale. Cette blessure historique, profondément ancrée dans la mémoire collective du peuple tchétchène, constitue un fil conducteur essentiel du documentaire.
Quoi de plus étonnant que ces images d’une manifestation indépendantiste en plein coeur d’un Grozny occupé et détruit par les Russes où, entre chants et danses, même les femmes refusent de rendre les armes ?
D’après Hélène Despic-Popovic dans Libération
Questions fréquentes
Que signifie Itchkeri Kenti ?
“Itchkérie” est le nom de la Tchétchénie avant la colonisation du Caucase par les Tsars au XVIIIe siècle, et aussi l’appellation utilisée par les indépendantistes. “Kent”, en langue tchétchène, désigne le jeune homme valeureux, prêt à se sacrifier pour la liberté de son pays. “Itchkéri kenti” signifie donc “les fils de l’Itchkérie”.
Quand et où le documentaire Itchkeri Kenti a-t-il été tourné ?
Florent Marcie a tourné les images en vidéo Hi8 lors d’un voyage en Tchétchénie en janvier-février 1996, en plein cours de la première guerre de Tchétchénie déclenchée par Boris Eltsine en décembre 1994. Le montage a été réalisé après la tragédie de Beslan en 2004.
Quelle est la durée du documentaire ?
Itchkeri Kenti est un documentaire de 2h26 en VOSTF (version originale sous-titrée en français). Florent Marcie a réalisé pratiquement tout seul le texte, le montage et le sous-titrage.
Que raconte le documentaire sur les déportations de 1943 ?
Le documentaire évoque les déportations des Tchétchènes et des Ingouches au Kazakhstan en 1943, ordonnées par Staline. Ces réminiscences d’un traumatisme ancien s’ajoutent au récit de la première guerre de Tchétchénie filmée par Florent Marcie.
Dernière mise à jour : mars 2026.
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