L’exposition à Saint-Pétersbourg (août 2004)

En août 2004, une exposition contemporaine d’art plastique intitulée « De d’Artagnan à Pierre le Grand » s’est tenue à Saint-Pétersbourg, dans la prestigieuse enceinte du palais Roumiantsev. Cet événement franco-russe réunissait des artistes originaires du Gers et de la région toulousaine, venus exposer leurs travaux dans la ville natale de leur hôte, Victoria Koulitchkine.

Après le flash culturel du 2 mai 2004 consacré à Saint-Pétersbourg, l’exposition a marqué un moment fort dans les échanges artistiques entre la France et la Russie, en s’ancrant dans deux territoires symboliques : la Gascogne, terre de d’Artagnan, et Saint-Pétersbourg, ville fondée par Pierre le Grand au début du XVIIIe siècle.

L’événement a ensuite trouvé son épilogue dans le Gers, avec une soirée de clôture exceptionnelle du 6 au 19 novembre 2004 à Auch, associant arts visuels et performance musicale autour du cinéma soviétique des années 1920.

Les artistes participants

L’exposition a réuni vingt-cinq artistes français, représentatifs de la vitalité artistique contemporaine du sud-ouest de la France :

  • Anne BAQUIÉ

  • Emmanuel BENOIT

  • Alain-Michel BOUCHER

  • Sébastien CAZES

  • Sylvie DAMIOT

  • Célia DOMENECH

  • Georges DOMENECH

  • Marie-Christine DOMENECH

  • Pierre-Louis DUFOUR

  • Luisa GUIMARAES

  • Michèle HALM

  • Bruno JOLLY

  • Victoria KOULITCHKINE

  • Lionel LESCOUZÈRES

  • Sarah MALAN

  • Gérard MÉNIGOU

  • Jean-Luc NETTER

  • Nida PAYEN

  • Christine POUMIREAU

  • Isabelle SOURIMENT

  • Stephan TEDONE

  • Cécile VASSELIN

  • Jérémy VILLY

  • Laurent RACHOU

  • Marie-Joëlle MAJOU

  • Pierre JODLOWSKI

  • Fabienne LARROQUE et Jean-Luc LOISEAU

Exposition d Les échanges artistiques franco-russes s’inscrivent dans une longue tradition de dialogue culturel entre les deux pays.

Victoria Koulitchkine et le Gers : l’âme du projet

Mais au fait, qui est Victoria ? Victoria Koulitchkine est née en Russie au début du XXe siècle, à Saint-Pétersbourg, ville qu’elle a quittée depuis de nombreuses années et qu’elle n’avait encore jamais revue. Installée en France, elle a suivi les cours d’une école de stylisme, puis travaillé dans la haute couture (Dior, Schiaparelli). Évoluer ainsi dans le Paris des années folles lui a permis de fréquenter Antonin Artaud, Tristan Tzara et Alberto Giacometti.

Plus tard, mariée à un grand journaliste (M. Nat), elle a côtoyé Malraux et Romain Gary. Cette femme dynamique et touche-à-tout a beaucoup voyagé (Allemagne, Côte d’Ivoire, États-Unis, Maroc, Tunisie) avant de s’établir finalement dans le Gers en 1976. C’est ici, en Gascogne, que Victoria a édifié sa « datcha » — lieu de rencontre des coeurs et des artistes de toutes nationalités.

C’est autour de ce lien fort entre Victoria et sa ville natale que l’exposition a été conçue : un voyage artistique depuis la Gascogne jusqu’à Saint-Pétersbourg, de d’Artagnan à Pierre le Grand.

Le palais Roumiantsev, cadre de l’exposition

L’exposition s’est tenue au palais Roumiantsev, qui tire son nom de l’un de ses anciens propriétaires, le comte Roumiantsev, fondateur dans la première moitié du XIXe siècle du célèbre musée Roumiantsevsky. Aujourd’hui, ce musée dépend du muséum d’histoire de Saint-Pétersbourg (Forteresse Pierre et Paul) et organise régulièrement des expositions temporaires d’artistes russes et étrangers.

Situé sur les quais de la Néva, le palais Roumiantsev est l’un des fleurons architecturaux de Saint-Pétersbourg, symbole de la richesse culturelle de cette ville fondée par Pierre le Grand en 1703 pour ouvrir la Russie sur l’Europe. Accueillir une exposition d’artistes français dans ce lieu chargé d’histoire constituait un geste fort de dialogue entre les deux cultures.

La soirée de clôture : Eisenstein et la musique électroacoustique

La soirée de clôture de l’événement s’est tenue au cinéma Lafayette à Auch, dans le Gers, du 6 au 19 novembre 2004. Elle a proposé la projection du film muet de Sergueï Eisenstein La Grève (Statchka, 1925), accompagnée d’une performance musicale exceptionnelle.

La musique électroacoustique composée spécialement pour l’occasion par le jeune compositeur toulousain Pierre Jodlowski a été interprétée en direct pendant la projection, offrant ainsi une nouvelle vie à ce chef-d’oeuvre du cinéma soviétique des années 1920.

La Grève est le premier long métrage d’Eisenstein. Il y retrace l’écrasement d’une grève ouvrière dans la Russie tsariste de 1912. Ce film muet est célèbre pour son montage dialectique novateur, ses métaphores visuelles saisissantes et sa puissance politique. La performance de Pierre Jodlowski proposait un dialogue contemporain entre l’avant-garde cinématographique russe des années 1920 et la création musicale électronique du début du XXIe siècle.

Cinéma et art russe — Eisenstein, La Grève, film soviétique 1925 Le cinéma soviétique des années 1920, avec Eisenstein en tête, constitue l’un des sommets de l’art russe du XXe siècle. La soirée d’Auch a rendu hommage à cette tradition.

Pour aller plus loin

Les amateurs d’expositions d’art russe retrouveront sur Art-Russe.com un large panorama des événements culturels franco-russes. Les passionnés de cinéma russe découvriront d’autres oeuvres majeures du cinéma soviétique et contemporain. La rubrique peinture et arts plastiques présente les grands artistes russes ayant marqué la scène internationale, de l’avant-garde russe aux créateurs contemporains.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’exposition « De d’Artagnan à Pierre le Grand » ?

Il s’agit d’une exposition contemporaine d’art plastique franco-russe qui s’est tenue à Saint-Pétersbourg en août 2004, au palais Roumiantsev. Elle a ensuite fait l’objet d’une soirée de clôture dans le Gers (cinéma Lafayette à Auch), du 6 au 19 novembre 2004, associant projection cinématographique et performance musicale électroacoustique en direct.

Qui est Sergueï Eisenstein et quel est le film La Grève ?

Sergueï Mikhailovitch Eisenstein (1898-1948) est l’un des plus grands cinéastes de l’histoire du cinéma mondial. La Grève (Statchka, 1925) est son premier long métrage : il y relate l’écrasement d’une grève ouvrière dans la Russie tsariste de 1912. Ce film muet est célèbre pour son montage innovant et ses métaphores visuelles audacieuses. Lors de la soirée de clôture à Auch, le compositeur Pierre Jodlowski en a réalisé une adaptation musicale électroacoustique interprétée en direct.

Qui est Victoria Koulitchkine et quel est son rôle dans l’exposition ?

Victoria Koulitchkine est une personnalité russe née à Saint-Pétersbourg au début du XXe siècle. Installée en France, elle a travaillé dans la haute couture (Dior, Schiaparelli) et fréquenté Antonin Artaud, Tristan Tzara et Alberto Giacometti. Établie dans le Gers depuis 1976, elle y a créé sa « datcha », lieu de rencontre d’artistes de toutes nationalités. C’est autour de son lien avec Saint-Pétersbourg que l’exposition a été conçue.

Quels sont les liens historiques entre la France et la Russie dans les arts plastiques ?

Les relations franco-russes dans les arts sont multiples et profondes : dès le XVIIIe siècle, Pierre le Grand envoyait des artistes russes étudier en France ; au XIXe siècle, l’aristocratie russe collectionnait les impressionnistes français ; au début du XXe siècle, Chagall, Soutine et de nombreux artistes russes s’installaient à Paris (École de Paris). Des échanges comme l’exposition « De d’Artagnan à Pierre le Grand » perpétuent cette tradition de dialogue artistique franco-russe.

Qu’est-ce que le palais Roumiantsev à Saint-Pétersbourg ?

Le palais Roumiantsev tire son nom du comte Roumiantsev, qui fonda dans la première moitié du XIXe siècle le célèbre musée Roumiantsevsky. Aujourd’hui rattaché au muséum d’histoire de Saint-Pétersbourg (Forteresse Pierre et Paul), ce musée organise régulièrement des expositions temporaires d’art contemporain, notamment d’artistes étrangers. C’est dans ce cadre qu’il a accueilli l’exposition franco-russe « De d’Artagnan à Pierre le Grand » en août 2004.