D’origine géorgienne, Agnan Kroichvili peint des fables qui content sa liturgie personnelle. Il fait partie de ces artistes, attachants, qui ont imposé leur écriture dans le paysage lyonnais. Une écriture baroque, reconnaissable aux personnages qui semblent échappés d’un grimoire, ainsi qu’aux calligraphies minutieuses, pattes de mouche courant sur la toile pour l’enserrer dans une sorte de maillage graphique.
Ses oeuvres récentes, de petit format, font preuve d’un humour jusque là en demiteinte : sa série des « Bouboule Gros » sont autant de trognes bariolées qui, derrière leur apparent panache, renvoient aux figures de terreur médiatisées par nos sinistres actus.
David Tran le progrès
Les tableaux fourmillent d’écritures et de petits bonhommes. Pour désigner les premières, Agnan Kroichvili préfère parler d’ écriture gestuelle plutôt que de calligraphie. Ni simples embellissements de caractère, ni étrange langue inconnue. Qu’importe si la réponse reste un peu énigmatique lorsqu’on pose à l’artiste la question du sens de ces traits et courbes qui ne sont que parodies de lettres, mots et ponctuations : “si cela avait un sens, vous ne me poseriez pas la question, à moins que la réponse vous fasse peur, de peur qu’elle vous appartienne …” On s’en tient donc à deviner que le geste est assuré, vif et leste mais on hésite encore sur qui décide le mouvement et l’orientation de la main ou de l’esprit ?. De quelle histoire s’agit -il ? Serait- elle celle des seconds, ces personnages reproduits et générés à l’identique de son auteur ? A moins que ce soit à vous et à moi : longeant la fameuse diagonale du fou, esquissant un pas de côté, nous contorsionnant, nous assemblant, soliloquant ou parfois dialoguant. Une autre fois encore, un 11 septembre, nous aurions goûté l’air du temps en sautant dans le vide d’une des twin-tower. “Ma peinture suit malheureusement l’événement, l’actualité, l’histoire”.
A la bibliothèque municipale de Sathonay - Camp une autre exposition constate le temps qui passe : “107 ans après”, les questions de Gauguin “qui sommes nous ? d’ou venons nous ? où allons nous ?” sont mises à jour et magiquement résumées par “où en sommes nous ?” Juste là. A scruter le ciel, à guetter les bonnes augures, peut -être ? Et lorsque en guise d’hommage aux premières victimes des marées noires, des toiles évoquent l’oiseau des fleuves, l’oiseau des airs et l’oiseau des mers, c’est finalement l’oiseau de la paix - celle des hommes bien sûr - qui s’impose. Se rêve ? Hypo Pluriel FM.
Agnan Kroichvili, Artiste peintre
1, Place Joseph THEVENOT
69580 SATHONAY CAMP
TEL 04 78 08 63 24
EXPOSITION PERSONNELLE
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