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Zakouski ou la Vie Joyeuse

Jeudi 13 et vendredi 14 décembre 2012 à 20h30 Samedi 15 décembre 2012 à 16h et 20h30


Zochtchenko, maître satiriste russe des années 1920, en digne héritier de Gogol, brocarde ses semblables dans un miroir déformant où gravitent différents spécimens d’une société fissurée. Quatre acteurs incarnent devant nous ce condensé d’humanité dans une farandole burlesque.

Au Théâtre Berthelot
6 rue Marcellin-Berthelot 93100 MONTREUIL
métro : Croix-de-Chavaux (ligne 9) sortie Kléber
Réservations : 01 41 72 10 35 ou mail : resa.berthelot@montreuil.fr

SUR SCÈNE

Au théâtre, un soir de représentation dans une grande ville : un serveur, un acteur, Marousska une spectatrice passionnée, un inspecteur toujours à l’affût et justement… une succession d’imprévus… des malentendus… une galerie de portraits qui débordent du cadre... Tel est le début d’un désordre festif qui va
s’infiltrer dans divers lieux : les appartements, le tramway, l’église, le cinéma, les bains publics, le tribunal...
D’autres figures sociales comme l’ouvrier, le citoyen porté sur la boisson, le milicien, la cerbère, vont les rejoindre et se confronter à nos personnages récurrents. Quiproquos, plaisirs immédiats, rencontres amoureuses mais aussi trahisons et prémices d’une répression latente vont se succéder suivant les lieux investis. En parallèle à ces situations fictives, un nouvel arrivant, l’auteur, vient nous faire partager les étapes décisives de son itinéraire sentimental, tout en traversant l’Histoire. Zochtchenko, en digne héritier de
Gogol, brocarde ses semblables dans un miroir déformant où gravitent différents spécimens d’une société fissurée.

Quatre acteurs incarnent devant nous ce condensé d’humanité (au total dix-huit personnages) dans une farandole burlesque pour un rire gagné sur le tragique de la vie, un rire salvateur et universel.

NOTE SUR LA MISE EN SCÈNE

Durant ces vingt dernières années, j’ai eu l’occasion très souvent de côtoyer l’univers du théâtre burlesque, surtout lors des stages que j’ai donnés mais aussi dans certaines mises en scène. Eric Prigent m’a parlé récemment de Mikhaïl Zochtchenko, auteur russe totalement oublié ou à peine connu en France alors qu’il était considéré comme le maître de la littérature satirique des années vingt en URSS. La lecture d’un de ses principaux recueils Contes de la vie de tous les jours comprenant trente-deux contes très courts, puis la découverte de son oeuvre (romans, nouvelles, récits) m’ont enthousiasmé. Eric a donc préparé une adaptation pour quatre comédiens, tirée de plusieurs ouvrages. Il ne s’agit pas d’une pièce mais d’un ensemble de
scènes burlesques d’après les récits de Zochtchenko : des personnages récurrents se retrouvent dans une sorte de maelstrom où des liens ténus vont entrelacer leur destin. L’Histoire de petites gens en marche…

L’écriture de Zochtchenko est laconique, le rythme sec et nerveux. Les situations qu’il décrit, alternant fiction et souvenirs d’enfance, portent toujours la trace d’une subversion latente pouvant mener au
dérèglement de toutes les valeurs. L’adaptation d’Eric Prigent, soucieuse de respecter cette thématique tout en la théâtralisant, se tient au plus près de ce style. Il s’en dégage une force corrosive, naviguant entre grotesque et merveilleux.

L’équipe artistique se nourrit de Chaplin, Keaton, Murnau, Pabst, des avant-gardes russes du début du XXe siècle, et des peintres Ensor, Grosz, Otto Dix entre autres. Le travail avec les comédiens est concentré sur l’axe texte-corps. Pas de psychologisme : un traitement des obsessions des personnages, de leurs débordements avec la jubilation que cela suppose. Nous insistons sur le découpage des lignes géométriques et des déséquilibres des corps.
La scénographie comprend quatre pôles : la table aux zakouskis, le plateau nu, un petit castelet (enfance), et des lieux suggérés par l’éclairage. Les costumes et accessoires, une musique inspirée des années 20-30, les effets sonores décalés, les lumières en clair obscur et en lignes brisées, les ombres aux accents expressionnistes contribuent à faire surgir l’univers burlesque et inventif de Zochtchenko. La fluidité et l’enchaînement des vingt-trois scènes distillent un rythme fiévreux et chorégraphique.
La prégnance de l’oeuvre de Zochtchenko dans notre société, la cruauté joyeuse et parfois involontaire engendrée par le comportement des personnages, voilà ce à quoi nous nous attelons avec cette nouvelle création. Destiné au tout public à partir de dix ans.
Serge Poncelet

La presse :

La nouvelle création du Théâtre Yunqué défie les règles classiques d’unités de lieu, d’espace et de temps pour faire exploser sur scène pas moins de 18 personnages qui s’enchaînent les uns aux autres comme par magie pour offrir aux spectateurs une sorte de kaléidoscope des années vingt en URSS. C’est une prouesse digne d’être saluée. Un régal pour les yeux. (Le Monde.fr) L’œil de l’auteur russe est aigu et noir. Serge Poncelet transforme ces saynètes en une farce cruelle, digne de Gogol. Le travail sur le burlesque (masques, gestuelle) est excellent. (Télérama sortir TT ) Le renouveau du théâtre russe des années vingt présenté dans une création originale et politiquement enthousiasmante… Une mise en scène conjuguant de pair réalité et euphorie, sobriété et perversité, utopie et poésie. Quatre comédiens excellents dans leurs différentes interprétations successives… Une très belle création pour une soirée radieuse. (Théâtrothèque) Grand maître du burlesque, Serge Poncelet met en scène Zakouski ou la vie joyeuse d’après les récits de Mikhaïl Zochtchenko, satiriste méconnu en France. (Le Parisien) Une très bonne surprise, étonnamment moderne dans sa forme et dans son discours, voire toujours d’actualité même en démocratie. (Froggys Delight) Prenez donc un zakouski ! Emmené par quatre comédiens talentueux, cette pièce enlevée se déguste avec bonheur. Un événement à ne manquer sous aucun prétexte. (Theatre.com)

Au théâtre, un soir de représentation, une succession d’imprévus… une galerie de portraits qui débordent du cadre…

Tel est le début d’un désordre festif qui va s’infiltrer dans d’autres lieux : les bains publics, les appartements, le tramway, le cinéma, le commissariat...

Tarifs - normal 12 €, réduit 8 € (Montreuillois, étudiants, intermittents du spectacle, détenteurs de la carte sénior) 5€ pour enfants.

Production du Théâtre Yunqué avec le soutien de la Ville de Montreuil.



Qui est seul n'est pas toujours pauvre, mais qui est pauvre est trop souvent seul. Proverbe russe

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