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Exposition de Nicolas de Staël au MuMa Le Havre

Du 11 au 29 janvier 2012


Nicolas de Staël, Paysage ( Antibes), 1955. Si le MuMa fête cette année son 50e anniversaire, il n’en est pas moins une vénérable institution « vieille » de 166 ans. Ses collections, constituées dans le temps se sont progressivement enrichies et les hasards heureux en ont fait un musée plus particulièrement tourné autour de la peinture française du XIXe – début du XXe siècles.

Pour autant, les œuvres entrées au fil du temps demeurent ici chez elles. Peu connues du grand public, rarement exposées pour certaines, elles écrivent une histoire passionnante du goût et du lieu.

A l’occasion du 50e anniversaire donc, des coups de projecteur les remettent sur le devant de la scène. Notre principe : balayer cette longue histoire du musée du Havre depuis sa création en 1845, en mettant en valeur des œuvres importantes mais méconnues, étudiées et restaurées pour l’occasion. 12 expositions dossiers se succèderont selon un rythme d’une à deux (voire trois) semaines pour créer une densité de renouvellement et créer l’événement.

Chaque exposition est confiée à un commissaire scientifique et permet la confrontation des œuvres de notre collection à d’autres provenant de collections particulières ou publiques.
Chacune réunira de 5 à 20 œuvres et fera l’objet d’une publication.

Nicolas de Staël (1914-1955), Paysage, 1955, huile sur toile, 116 x 89 cm, MuMa Le Havre. © MuMa Le Havre / Charles Maslard

La donation par Hélène Senn-Foulds de la collection de son père, Edouard Senn, a permis de faire entrer dans les collections une des œuvres ultimes de Nicolas de Staël, Paysage (Antibes), 1955. Peu montrée jusqu’à ce jour, cette œuvre fait partie des toiles très importantes réalisées à Antibes par l’artiste, quelques semaines avant son suicide. En 1952, après une série de petits paysages peints en Normandie, qui le ramènent au sujet et à l’étude de la lumière, il découvre la lumière si différente du Sud. Son grand ami, le poète René Char a inventé pour parler de cette lumière l’expression « cassé-bleu », que Nicolas de Staël fait sienne quand il lui écrit ainsi : « j’étais un peu hagard au début dans cette lumière de la connaissance, la plus complète qui existe probablement, où les diamants ne brillent que l’espace d’un éclat d’eau très rapide, très violent. Le « cassé-bleu », c’est absolument merveilleux, au bout d’un moment la mer est rouge, le ciel jaune et les sables violets ».

Grâce aux prêts de la famille de l’artiste et du Musée Picasso d’Antibes, des œuvres de cette même période, dont le célèbre Fort Carré d’Antibes, 1955, viendront renforcer la compréhension de ce grand paysage marin.


Nicolas de Staël (baron Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein), né le 5 janvier 1914 à Saint-Pétersbourg, mort le 16 mars 1955 à Antibes, est un peintre français originaire de Russie, issu d’une branche cadette de la famille de Staël-Holstein.

La carrière de Nicolas de Staël s’étale sur quinze ans - de 1940 à 1955 -, à travers plus d’un millier d’œuvres, influencées par Cézanne, Matisse, van Gogh, Braque, Soutine et les fauves, mais aussi par les maîtres néerlandais Rembrandt, Vermeer et Hercules Seghers.

Sa peinture est toujours en constante évolution. Des couleurs sombres de ses débuts (Porte sans porte, 1946 ou Ressentiment, 1947), elle aboutit à l’exaltation de la couleur comme dans le Grand Nu orange (1953). Ses toiles se caractérisent par d’épaisses couches de peinture superposées, et un important jeu de matières, passant des empâtements au couteau (Compositions, 1945-1949), à une peinture plus fluide (Agrigente, 1954, Chemin de fer au bord de la mer, soleil couchant, 1955).

Refusant les étiquettes et les courants, tout comme Georges Braque qu’il admire, il travaille avec acharnement, détruisant autant d’œuvres qu’il en réalise. « Dans sa frénésie de peindre il côtoie sans cesse l’abîme, trouvant des accords que nul autre avant lui n’avait osé tenter. Peinture tendue, nerveuse, toujours sur le fil du rasoir, à l’image des dernière toiles de Vincent van Gogh qu’il rejoint dans le suicide. »

Nicolas de Staël meurt à l’âge de 41 ans en se jetant par la fenêtre de son atelier d’Antibes. Il repose dans le cimetière de Montrouge.

Musée Malraux MUMA
2, boulevard Clemenceau
76600 Le Havre, France



Ce n'est pas le champ qui nourrit, c'est la culture. Proverbe russe

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